Communiqué Arrivée 17 octobre 2014

Le 17 octobre, partout en France, soutenez l’arrivée de Sciences en Marche à Paris !

A Paris, grande manifestation Porte d’Orléans à partir de 14h30

La situation actuelle du système d’enseignement supérieur et de recherche (ESR) est intenable. BIATSS, enseignants-chercheurs et enseignants des universités, chercheurs et IT des organismes, doctorants, contractuels ou titulaires, nous vivons tous au quotidien la difficulté à faire notre travail correctement. Nous voyons tous fondre les moyens (en temps et en argent) que nous pouvons consacrer au cœur de nos métiers. Nous assistons tous au gâchis phénoménal que représente le fait de n’offrir que Pôle-emploi comme avenir aux milliers de précaires recrutés sur contrat à durée déterminée alors qu’ils contribuent pourtant de manière essentielle au fonctionnement et aux découvertes de nos universités, services et laboratoires. Nous constatons tous que la compétition stérile remplace petit à petit la collaboration dans un univers où l’échange devrait être la règle…

Ces dysfonctionnements, absurdes et contre-productifs dans un pays qui prétend faire de l’ESR une priorité nationale, trouvent en grande partie leur origine dans une politique qui a à la fois asséché les moyens mis à la disposition de la majorité d’entre nous pour remplir nos missions, et réduit considérablement les embauches sur emplois stables dans l’ESR.

Pour sortir de cette impasse, Sciences en Marche a porté sur les routes de France, et transmettra le 17 octobre à la représentation nationale, une triple exigence : le financement d’un plan pluri-annuel d’emplois statutaires dans l’ESR, le rétablissement de financements de base décents des laboratoires et des universités, et la mise en place de mesures permettant enfin la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives et dans la haute fonction publique.

Le redéploiement du CIR (Crédit Impôt Recherche) permettrait de dégager 2 milliards d’euros chaque année pour l’ESR. L’argent pour financer les mesures demandées existe : chaque année, des sommes considérables sont gaspillées au titre du CIR. De nombreux rapports, incluant ceux d’institutions officielles comme la Cour des Comptes, ont questionné l’efficacité de ces aides censées stimuler le développement de la recherche dans l’industrie, et établi qu’une bonne partie des 6 milliards d’euros du CIR n’a aucun impact sur l’effort de recherche du pays, qui d’ailleurs continue à être très en deçà de celui de beaucoup de pays (2,33% du PIB en France, presque 3 en Allemagne, près de 4% en Suède…). Il est en fait très clair que beaucoup d’entreprises, et notamment les plus grandes qui sont les bénéficiaires majeures du CIR, utilisent ce dernier comme un outil d’optimisation fiscale et non comme une incitation à développer leur recherche[1].

Comme le disait François Hollande alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle[2], il faut « réorienter la partie ‘effet d’aubaine’ du CIR vers le système d’ESR public ».

Toutes les études convergent vers l’idée qu’au moins 1/3 du montant du CIR (≈ 2 milliards) n’a aucun impact mesurable sur la recherche dans l’industrie. Réorientés vers l’ESR public, ces 2 milliards permettraient la création de milliers de postes et le rétablissement de crédits de base décents pour les laboratoires et les universités.

Le redéploiement d’une partie du CIR vers le système d’ESR public est donc une simple mesure de bon sens, qui est maintenant réclamée par des voix aussi variées que convergentes, comme différentes instances scientifiques (CoNRS, C3N, CPCN, Académie des sciences,…), de nombreux laboratoires et universités, Sciences en Marche, la plupart des syndicats etc.. Personne ne comprendrait qu’une telle mesure, qui ne rajouterait aucune dépense au budget de la nation, ne soit pas adoptée rapidement par le gouvernement. Mais nous savons aussi que celui-ci ne se laissera pas convaincre facilement. Si nous voulons obtenir le redéploiement du CIR vers le système d’ESR public, il va falloir montrer notre détermination !

L’arrivée à Paris des cyclistes de Sciences en Marche le 17 octobre sera l’occasion de peser de manière décisive sur les choix du gouvernement. Nous appelons tout le personnel de l’ESR, chercheurs, enseignants-chercheurs, techniciens et ingénieurs, étudiants, précaires de l’ESR ou statutaires, mais aussi tous les citoyens concernés par la défense d’une politique ambitieuse pour l’ESR, à rejoindre les initiatives qui seront prises le 17 octobre partout en France. A Paris, une grande manifestation partira Porte d’Orléans en début d’après midi. Rassemblement à partir de 14h pour accueillir les cyclistes. En province, différents événements seront organisés.

Plus d’infos sur http://sciencesenmarche.org et http://sciencesenmarche.org/fr/comites-locaux/

[1] Exemple emblématique de ces dérives : Sanofi, multinationale qui a touché 125 millions d’euros de CIR en 2013, et qui en même temps a fermé des laboratoires de recherche et versé plus de 3 milliards d’euros à ses actionnaires…

[2] http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2014/10/universit%C3%A9-et-recherche-les-promesses-de-f-hollande.html

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